Pour cet article, j’ai voulu mettre en avant le travail d’édition d’Amaury Preumont avec Allégorie. Il nous propose de le suivre dans une quête de contemplation des choses banales, de moments sans histoire issus d’un hasard discret glanés au petit bonheur de la chance. Ils ouvrent des mondes bien au-delà de ceux dont ils sont issus et dont ils portent la mémoire.
Capturer la banalité avec subtilité
À la manière d’Ed Ruscha, il souhaite capturer la banalité avec une ironie subtile. Il se propose en témoin de ces instants anodins et s’intéresse à l’in-intéressant pour nous obliger à regarder différemment la réalité quotidienne.

Une alternative imaginaire du réel
Cette collection de moments scrute la réalité et en propose une alternative imaginaire qui ne se base que sur le réel, jouant alors avec les possibilités infinies de l’imagination humaine pour rappeler qu’il n’y a aucune limite dans la création.
L’utilisation des codes généralement associés aux produits tech pour parler de choses insignifiantes qui ramènent à l’absurdité du sens de la vie propose un contraste intéressant. L’absence d’éléments superflus permet de mettre en valeur l’essentiel.
Donner vie à l’inerte
On est alors plongés dans son intimité avec une réalité parallèle où les objets prennent vie sous nos yeux, sans qu’aucun ne le remarque. Amaury, lui, décide de les mettre à l’honneur, leur redonne de la valeur en les personnifiant, rendant vivant l’inerte. Et lorsque Amaury les dénonce, lorsqu’il les expose, il les fait sortir de leur rêve, les contraint à exister sous nos yeux.

Une poésie visuelle du quotidien
Il joue avec les contradictions, la naïveté et la banalité de certains moments, les met en valeur et en fait une poésie visuelle.
Sans implication politique, ces mythologies quotidiennes retracent le parcours de l’artiste dans une déambulation urbaine, dont l’attention est capturée par ce qui sera gaspillé s’il n’est pas immortalisé.
J’ai l’impression d’assister à une tentative de sociabilisation avec ces êtres non-vivants.
Il n’est au final jamais seul, les choses inertes lui parlent, lui donnant du réconfort dans sa solitude.


Vous pouvez retrouver le travail de Amaury Preumont sur son instagram.